Terroirs Organisés #2 – Portrait de Jérôme, éleveur paysan et écopâtureur.

Pour ce deuxième portrait, je donne la parole à Jérôme Tropini, éleveur de moutons de races menacées et paysan, fondateur de Berger Maritime, une solution d’écopâturage à Fouras, en Charente-Maritime.

Spoiler : Jérôme utilise un outil que j’ai créé avec 19.87. Et oui, dans cette série Terroirs Organisés, je dévoile les coulisses d’entreprises agricoles, qu’elles soient clientes ou non. 

Place maintenant à Jérôme, le berger maritime.

🌳 L’entreprise : L’élevage pour gérer le territoire 
Issu d’une reconversion complète et non issu du milieu agricole, Jérôme a choisi l’élevage pour la notion de territoire et d’espace à gérer. Il voit son activité comme la gestion d’une « énorme réserve naturelle » où il s’agit de garder des espaces ouverts pour y faire vivre des moutons de races menacées. Son modèle repose sur deux activités :

  • – L’élevage : avec des moutons de race Landaise pour fournir restaurateurs et bouchers en circuit court.
  • – L’écopâturage : avec des moutons d’Ouessant pour permettre aux collectivités et entreprises d’agir sur leur impact carbone immédiatement.
  •  

Jérôme a créé une entreprise agricole « pure et dure » mais loin des chemins conventionnels, malgré un parcours PPP (Plan de Professionnalisation Personnalisé, le passage obligé pour les futurs agriculteurs souhaitant demandés les aides) et des formations classiques. Son modèle se veut agile, sans gros investissements, pour une activité viable capable de faire vivre deux personnes. La pédagogie et la transmission sont essentielles pour lui : que ce soit lors d’échanges autour des moutons ou l’accueil, en CDD, de personnes souhaitant s’installer (comme lors de la période d’agnelage). Il s’apprête d’ailleurs à transmettre, après une série de formations sur 10 mois, son activité d’écopâturage à une association. Il y deviendra salarié quelques jours par semaine pour sécuriser son modèle, tout en conservant son activité d’élevage viande.

Il est seul, accompagné de Talic, son chien de troupeau et « principal salarié », pour gérer près de 300 moutons (98 Ouessant et 185 Landaises à ce jour).

🛠️ Le métier : Réconcilier la société et le monde paysan
Ce que Jérôme préfère ? Tout.
L’alternance, la liberté d’exercice (malgré les contraintes liées aux animaux) et la création de liens. Il s’attache à rapprocher ses clients de l’élevage, de la condition animale et du paysan, du pragmatisme de la nature : un mouton n’est pas une tondeuse, il faut laisser le temps à la nature.
Son emploi du temps est varié. Il intègre une dimension écologique forte : un diagnostic ornithologique avec la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) et un suivi botanique sont réalisés sur les parcelles pour mesurer l’évolution de la biodiversité avant et avec la présence des moutons.

Ce qui lui pèse le plus ? Le manque de reconnaissance. Il se définit comme Éleveur Paysan (en lien avec le paysage), mais se heurte au regard des agriculteurs autour de lui et aux blocages administratifs. L’écopâturage n’étant pas reconnu comme revenu agricole, il doit gérer une Entreprise Individuelle avec trois taux de TVA (prestation, production de viande, vente d’animaux), ce qui complique les démarches et ne permet pas aux futurs installés d’accéder aux dispositifs comme la DJA (Dotation Jeune Agriculteur). Cela serait bien plus simple de s’installer s’il était possible de simplement créer une entreprise au micro-bénéfice agricole. Trouver du foncier a également été une « galère sans nom » lors de son installation.

📊 La gestion opérationnelle : Une organisation millimétrée
Au quotidien, Jérôme organise généralement ses journées ainsi :

  • – 7h30 – 8h30 : Gestion administrative.
  • – Puis : il part sur le terrain : À vélo à Fouras, à la belle saison, ou en voiture pour les moutons en dehors de Fouras (avec une véritable pharmacie et caisses de secours avec outils et clôtures) pour éviter tout aller-retour inutile. Il visite chaque zone une fois par semaine.
  • – Le soir : Mise à jour des interventions de la journée
    .

Le problème numéro 1 de l’écopâturage est les déplacements en voiture. Son objectif est donc de réduire sa zone d’intervention (aujourd’hui elle est de max 45 min).

Pour les suivis techniques et les obligations administratives, Jérôme a une règle simple : il traite les dossiers au fil de l’eau. La PAC est déjà signée, et pour la comptabilité, il délègue : il scanne ses factures et les envoie directement à son comptable. Il ne procrastine pas. Pour les chantiers, comme l’aménagement de nouvelles parcelles ou la pose de clôtures, il planifie et prévoit l’intervention de prestataires si besoin.

🔄 Le retour d’expérience : De la « frousse » sur Excel à la sérénité Notion
Avant 19.87, Jérôme gérait ses suivis sur Excel. Mais le système était précaire : multi-onglets, copier-coller incessants et surtout la peur. « Je flippais de faire une mauvaise manip qui bouge les calculs », confie-t-il. Les données n’étaient pas croisées et il devait tout ressaisir le soir à partir de ses post-it de la journée.

Ce que l’outil by 19.87 a changé :

  • – La mobilité : tout est rentré en direct sur le terrain. Plus de double saisie.
  • – La précision : il dispose d’un équivalent de « tableau croisé dynamique » simplifié pour voir en temps réel ses proportions d’agnelles ou de races via un graphique qu’il consulte tous les jours.
  • – La traçabilité : en quelques clics, il sait où se trouvait tel lot il y a trois mois. C’est ultra-rapide, de l’ordre de la minute pour retrouver un devis ou une facture.

L’audit Bio : un moment de vérité qui s’est transformé en succès. « Ils hallucinent quand ils voient un tel outil, ils voient rarement ça sur les petits élevages. »

Pour Jérôme, la prochaine étape est de passer de la gestion du futur « de tête » à la projection avec un outil. Avec l’expérience, il sait par exemple qu’il va bientôt devoir sortir les jeunes mâles à l’âge de 3 mois. L’enjeu est de pouvoir projeter sur son futur outil leur rotation et leur destination précise pour la prochaine année. Pour lui, c’est important puisqu’il est engagé auprès de ses clients : il doit y avoir des moutons en permanence quand l’herbe pousse pour entretenir les sites qui lui sont confiés et ne pas les laisser en jachère.

📂 Conclusion : Prendre du recul pour gagner en sérénité
Un message qu’il souhaite partager : « On a besoin d’échanger sur les pratiques pour prendre du recul sur ce que l’on fait. Parfois on exprime un besoin et en échangeant, on se rend compte qu’il y en avait un autre derrière. Réussir à formaliser le besoin est essentiel. »

Ce qu’il retient donc de notre collaboration ? Sérénité et prise de recul.
La sérénité que cela lui a apportée : aujourd’hui, l’idée d’un contrôle ne l’inquiète plus.
Ce qu’il souligne dans mon accompagnement, c’est ma capacité d’écoute et de reformulation qui rend les choses concrètes. L’outil n’est pas « subi », il est conçu ensemble. Il apprécie de voir les possibilités techniques évoluer et se forme à son rythme en me voyant modifier son outil en direct pour l’adapter à ses nouveaux besoins.

🙏 Merci Jérôme pour ce partage sans filtre sur ton quotidien de berger, pour nos échanges et ta confiance.

➡️ Et vous, quel est l’outil ou l’astuce qui vous permet de ne pas perdre d’infos quand vous êtes sur le terrain ?

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Pour le suivre :

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Agriculture Terroirs Organisés - Portraits

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