À 20 ans, alors qu’il est encore en école d’ingénieurs de Purpan à Toulouse, Théophile saisit une opportunité : reprendre les Vergers de Laplagne, deux entreprises : l’une de production et l’autre de transformation.
Aujourd’hui, à 23 ans, il jongle entre 4 sociétés : 40 hectares de vergers et une usine de transformation. En effet, pour la structuration juridique qu’il a élaboré avec l’aide du CER France, il a créé deux entreprises support, une pour le foncier et une holding, afin de regrouper les différents ateliers.
À travers cette série Terroirs Organisés, je mets en lumière les coulisses d’entreprises agricoles et de petites unités de transformation ; des parcours qui sortent des cases.
Revenons à Théophile et aux Vergers de Laplagne pour ce premier épisode.
L’entreprise : Une reprise audacieuse
Théophile a racheté l’exploitation (vergers + céréales) et l’usine de séchage pendant sa 4ème année d’études. Grâce à une passation en douceur avec le cédant, il a pu apprendre de son expérience tout en s’installant. Aujourd’hui, il produit des prunes d’Ente, du maïs et du soja, tout en gérant la prestation de séchage (550 tonnes de pruneaux / an) pour son compte et pour d’autres agriculteurs.
Le métier : De la terre au consommateur
Ce qu’il préfère ? Maîtriser toute la chaîne, du travail de la terre jusqu’à la vente à la ferme.
Ce qui lui pèse le plus ? La longueur des tâches administratives et le côté répétitif de certaines opérations sur l’exploitation, qu’il apprécie de pouvoir commencer à déléguer.
La gestion opérationnelle : Proximité et outils sur-mesure
- L’humain : Il travaille avec un salarié à l’année et jusqu’à 12 saisonniers à la récolte. Sa méthode ? Il est présent à l’embauche, puis gère à l’oreille ou par téléphone car les parcelles sont groupées. Il offre de la flexibilité sur les horaires, lorsque cela est possible.
- La gestion : Pour le verger, un logiciel transfère ses données directement pour l’IGP (Indication Géographique Protégée). Pour la transformation et sa dizaine de clients producteurs, il utilise Excel comme un véritable CRM pour tracer les lots, les quantités et les expéditions. L’avantage selon lui : c’est modulable et parfaitement adapté à sa structure.
Le focus : Apprendre de l’expérience avec Notion
Théophile utilise Notion (construit seul avec l’aide de l’IA) pour documenter chaque opération de production. « En agricole, on n’a le droit qu’à un essai par an » explique-t-il. En notant le contexte et les résultats, il s’assure de ne pas refaire les mêmes erreurs d’une année sur l’autre. Il y a aussi intégré le suivi des évaluations qu’il fait pour des stagiaires en BPREA.
Ses astuces « Sérénité » : Gérer 4 sociétés demande de la rigueur, alors il a mis en place :
- Le code couleur : Un dossier physique d’une couleur différente pour chaque entreprise.
- Le cloud : Tout est sur OneDrive, accessible sur ordinateur et téléphone. S’il reçoit un appel en plein champ, il a la réponse immédiatement. (Et je lui ai glissé qu’il peut même y reporter son code couleur pour les dossiers numériques !)
Le défi actuel
Comme beaucoup, il étudie le passage à la facture électronique. Il compare les solutions avec un objectif : garder une vue claire sur sa trésorerie.
Merci Théophile pour ce partage concret qui prouve que l’organisation doit avant tout respecter la logique du gérant et reste une clé pour vivre son métier avec passion.

