L’agriculteur a toujours été chef d’entreprise. On a juste longtemps mis de côté cette casquette.
Parce qu’un agriculteur qui se sait entrepreneur, c’est un agriculteur qui questionne ses marges, qui négocie, qui revendique la valeur de ce qu’il produit. Moins commode pour ceux qui fixent les prix.
Ce modèle a peut-être répondu à un besoin à un moment. Aujourd’hui il est dépassé. Et il coûte cher, humainement et économiquement. Il a aussi participé à l’image, souvent négative, du métier, et surement donc à la diminution du nombre d’agriculteurs.
Ce que je vois sur le terrain : des hommes et des femmes qui gèrent des structures complexes, qui innovent, qui s’adaptent en permanence, qui prennent des risques financiers considérables. Des entrepreneurs, par définition.
Mais voilà ce qui me semble essentiel : il n’y a pas UNE façon d’être agriculteur. Il y a des éleveurs, des maraîchers, des céréaliers, des transformateurs, des circuits courts, des circuits longs, en solo, en couple, en GAEC, avec des salariés, … et des modèles qu’on n’a pas encore inventés.
Cette diversité, c’est à mes yeux la vraie richesse du secteur. Comme la biodiversité dans un écosystème : c’est ce qui le rend résistant, adaptable, vivant. Nous avons tous besoin de favoriser cette diversité.
Un système agricole fort, c’est un système qui laisse coexister tous ces modèles. Pas un système qui en impose un seul.
Agriculteur, entrepreneur, les deux, ou ni l’un ni l’autre : comment vous définissez-vous ?